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Options thérapeutiques face à une insuffisance osseuse transversale incisivo-canine - 3ème partie |
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| Par Raphaël BETTACH | Mise en ligne : 31 janvier 2004 | Vus : 4 352 |
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| La greffe osseuse (Tiré de l’article « Avantages des greffes osseuses autogènes avant le placement d’implants « Deboise et coll 2003) Le greffon idéal |
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C- La greffe osseuse
(Tiré de l’article « Avantages des greffes osseuses autogènes avant le placement d’implants « Deboise et coll 2003)
1- Le greffon idéal
Ce greffon devrait théoriquement être en mesure d’assurer la régénération du volume osseux perdu dans son intégralité, et avoir, à ce titre, toutes les caractéristiques de l’os normal à l’issue de la phase de cicatrisation. Les principaux critères de ce greffon étant (Huart 1997 et Saffar1998) : La bio compatibilité : Elle se traduit par le fait que le greffon ne soit pas à l’origine d’une pathologie induite ; La viabilité : si le greffon ne se révèle pas viable, un phénomène de nécrose aboutirait à la perte du matériau greffé ; Le potentiel ostéogénique : Le greffon doit, afin d’assurer une reconstitution osseuse de qualité, être capable de recréer le cycle physiologique (apport ce cellules viables à même de synthétiser de la matrice osseuse) ; la capacité à agir comme matrice : de manière à permettre la migration de cellules osseuses en provenance des sites voisins, en vue d’aider la régénération osseuse ; la stabilité mécanique : il semble évident que l’ensemble du volume greffé doit rester stable afin d’atteindre l’objectif premier de la greffe. La greffe osseuse est envisagée si le volume osseux résiduel dans le secteur à implanter est insuffisant pour offrir un ancrage durable ou dans un cas de non-concordance des axes (par exemple : dans le secteur antérieur). La classification de Seibert (Seibert 1983) permet de répertorier les différentes pertes de substances alvéolaires : - Classe I : insuffisance simple dans le sens vestibulo-palatin ;
- Classe II : insuffisance simple dans le sens corono-apical ;
- Classe III : insuffisance dans le sens vestibulo-lingual ou vestibulo-palatin et corono-apical.
Notons qu’il existe de nombreuses classifications des insuffisances osseuses. Par ailleurs, il est intéressant de garder à l’esprit que la meilleure façon de conserver un volume osseux reste la prévention de sa perte au cours des actes de pratique courante : - en préservant autant que possible les corticales au cours des avulsions.
- par la prévention ou le traitement des maladies parodontales ;
- par la mise en œuvre des techniques de régénération osseuse guidée après avulsion.
2-Matériaux, classification
Nous ne traiterons que de manière très brève, dans le cadre de cet article, des biomatériaux synthétiques de comblement osseux : céramique, hydroxyapatite, phosphate tricalcique bioverre ou vitrocéramique qui sont peu à peu abandonnés au profit du matériel autogéne.
a-Os allogène, allogreffes (Veron 1995)
Les allogreffes utilisent des tissus d’origine humaine mais le donneur et le receveur sont deux individus différents. Généralement, ces matériaux proviennent d’une « banque d’os » qui réalise le prélèvement sur cadavre frais avec sélection préalable extrêmement sévère des donneurs, afin d’éviter autant que possible le risque viral, microbien ou même parasitaire. Un avantage certain du recours à ces matériaux est la quantité à disposition, qui permet alors de combler des défauts de moyenne à grande étendue. Cependant, bien que le risque d’induire une pathologie par transmission ne soit pas totalement écarté, ces matériaux sont encore utilisés de nos jours.
Cas Clinique.(Dr Raphaël BETTACH)
M.L, après la non ostéointégration d’un implant mandibulaire au niveau de la 43, et suite à la perte de la corticale externe, s’est vu proposer une régénération de cet os perdu à l’aide d’une greffe de matériau osseux allogène( os humain de banque TBF, non déminéralisé, lyophylisé et broyé), recouvert d’une membrane de ROG en titane. |
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| Lésion osseuse suite à la perte d’un implant |
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| Mélange d’os DFBA et d’os autogène |
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| Mise en place d’une membrane titane avec clous |
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| Coupe scanner type panoramique montrant la lésion |
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| Coupe scanner type panoramique à 3 mois après la greffe |
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| Coupe scanner type panoramique à 3 mois après la greffe |
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| Reconstitutions calculées au scanner de la lésion |
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| Reconstitutions calculées scanner à 3 mois après la greffe |
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| Réouverture du site greffé à 3 mois |
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| Mise en place de l’implant dans de bonnes conditions |
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b-Xénogreffes, hétérogreffes (Garg 1999)
Dans ce cas, le tissu osseux est prélevé le plus souvent dans la race bovine et parfois chez le porc ou le mouton après contrôle vétérinaire strict. Pour prévenir au maximum les risques, les procédés d’obtention visent à la destruction systématique des protéines. De ce fait et compte tenu du contexte vétérinaire actuel, l’utilisation de ces produits est subordonnée à une obligation d’information renforcée et à la signature par le patient d’un protocole écrit (dans le cadre des services de l’AP-HP) assimilable à une décharge de responsabilité. Le cadre juridique sévère, existant dans le domaine implantaire et plus particulièrement appliqué à l’utilisation des produits osseux provenant de banque d’os, est spécifique à la France et n’existe pas de la même façon aux Etats-Unis par exemple. Au final, l’utilisation de ces produits reste confidentielle en France. Nous évoquerons brièvement les techniques de greffes osseuses mettant en œuvre des matériaux synthétiques associés ou non à une membrane de régénération osseuse ou tissulaire guidée. (Westbroek 1998) Les matériaux qui ont été employés peuvent être du corail, de la nacre, de l’hydroxyapatite, du phosphate tricalcique ou des plymères résorbables ou non résorbables (Carl 1993, Baldock 1985), les plus récents étant des particules synthétiques de type microbilles des verre. Il semble, après analyse histologique, que le tissu formé par le biais de ces matériaux ne possède pas les mêmes propriétés mécaniques ou ostégéniques que l’os autogène (Von Arx1998). De plus, il faut alors gérer la mise en place d’une membrane de régénération tissulaire nécessaire à l’immobilisation du matériau. C’est pourquoi ces techniques sont peu à peu abandonnées au profit des greffes autogènes.
Cas clinique (Dr Raphaël BETTACH) |
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| Avant la greffe |
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| Comblement os autogène et algipore |
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| Membrane Vicryl |
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| Bouche à 6 mois après la greffe |
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| Coupe axiale scanner à 6 mois |
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| Reconstitutions calculées scanner du site greffé |
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c-Greffes osseuses autogènes
L’os autogène est prélevé directement sur le patient, c’est-à-dire que le donneur est aussi le receveur. Le prélèvement a lieu dans le même temps chirurgical que la greffe. La nature de l’os prélevé varie en fonction des indications chirurgicales : os cortical, os spongieux ou segment cortico-spongieux. De même, le site de prélèvement peut être, selon l’indication, intra-ou extrabuccal. Embryologiquement, un os peut se former de deux manières (Rey 1994, Marx 1998) : - par prolifération de cellules osseuses sur une matrice cartilagineuse : os endochondral (formant tout le squelette sauf le crâne).
- Par prolifération directe de cellules osseuses sur une trame fibrillaire : os de membrane (constituant les os du crâne). Nous pouvons rencontrer deux variétés d’os :
- os cortical qui constitue les rebords et les limites osseuses des os, et qui joue un rôle de soutien musculaire et se trouve être beaucoup plus dense puisque calcifié à 80 ou 90% ;
- os spongieux ou trabéculaire, qui occupe l’espace entre les zones d’os cortical, et qui a un rôle de réservoir cellulaire, intervenant plus dans l’hématopoïèse, sa calcification variant entre 15 et 25 % (Dumart 1966).
Différents sites de prélèvements étant disponibles, le choix sera fonction de la quantité d’os nécessaire, de l’âge du patient, de son accord et de la préférence personnelle du chirurgien. De plus, les conséquences ou les suites opératoires sont variables d’un site donneur à un autre. c1-Les sites de prélèvement, extra et intra buccaux.
1-Les sites extra buccaux Prélèvement iliaque (Isaksson 1992, Widmark 1998) Il va permettre des reconstitutions de grande étendue nécessitant une quantité d’os relativement importante. Cette intervention autorise le prélèvement d’un segment cortico-spongieux de grand volume, le plus souvent monocortical. Ce prélèvement constitue une intervention chirurgicale assez lourde pour le patient, qui doit être hospitalisé pour une durée moyenne de trois jours (Sindet-Pederson 1990). L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale. Si le prélèvement iliaque a été très utilisé il y a quelques années, la tendance actuelle de nombreux chirurgiens est de le délaisser au profit du prélèvement pariétal, bien que l’abord psychologique semble plus difficile pour le patient concernant ce site crânien. Le greffon iliaque présente certains avantages : - la grande quantité disponible ;
- la résistance face à l’infection due à la forte proportion de spongieux disponible.
La principale suite opératoire connue est la boiterie. Le risque opératoire majeur est une lésion du nerf fémoro-cutané. Ce greffon présente un taux de résorption élevé lorsqu’il est en apposition, mais il se comporte de manière parfaitement stable lorsqu’il est immobilisé par des vis d’ostéosynthèse. De même, en utilisation dans le cadre de comblement de sinus, la résorption est faible (Aubert 1999, Misch 1994).
Photos tirées d’un cas clinique du Dr C Maiorana 2002, Université de Milan. Greffes d’os iliaque monocorticales fixées à l’aide de vis. |
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| Greffons d’os iliaque fixés à l’aide de vis |
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| Mise en place des implants à 6 mois après la greffe |
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Les Sites intrabuccaux Prélèvement mentonnier ou para-symphysaire (Misch 1992, Smillere 1996) L’os du menton, de nature cortico-spongieuse, permet un prélèvement rectangulaire ou ovalaire d’environ 2 cm de large sur 3 cm de long. La faible quantité prélevée réserve ce site au comblement de défauts osseux de petite étendue. Ce prélèvement présente donc certains avantages : - il peut être réalisé sous anesthésie locale ;
- les suites opératoires et esthétiques sont minimes si l’éminence mentonnière est respectée au moment du prélèvement ;
- le lâchage des sutures si l’incision n’est pas située au fond du vestibule.
En revanche, les risques liés à l’intervention sont (von Arx 1998) : - une mortification des incisives mandibulaires ;
- une lésion du nerf labial au cours de l’incision (Chavrier 1997).
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| Prélèvement fait à l’aide d’une lame oscillante |
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Prélèvement de branche montante mandibulaire(Misch 1996, Garg 1998) Le ramus mandibulaire représente un site donneur d’os cortico-spongieux. La quantité disponible permet de traiter des défauts osseux de petite à moyenne étendue. Une anesthésie générale reste préférable bien que l’hospitalisation liée à l’intervention soit très réduite (Roche 1993). La résorption du greffon est faible, les suites opératoires sont comparables à celles d’une intervention d’avulsion de dent de sagesse incluse à la mandibule. Les risques opératoires concernent donc le nerf alvéolaire inférieur. De ce fait, un scanner pré-opératoire est obligatoire et, bien entendu, aucun implant ne peut être placé au niveau du site de prélèvement.
c2-Greffes en apposition. Utilisation de l’os autogène prélevé et fixé ou broyé et recouvert par une membrane de régénération osseuse guidée. Présentation de cas cliniques.
Cas clinique des Drs Gardella et Raynouard,1999. |
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| Résorption transversale au niveau 11,12,13. |
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| Greffons cortico spongieux prélevés à la symphyse mentonnière. |
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| Vue de la greffe à 5 mois |
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| Mise en place de trois implants |
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| Photos tirées d’un cas clinique du Dr C Maiorana 2002, Université de Milan. |
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| Crête fine à greffer |
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| Grille en titane contenant de l’os iliaque |
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| Grille fixée par 2 vis au milieu du palais |
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| Augmentation obtenue à 5 mois |
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Cas clinique du Dr Raphaël BETTACH
Mme P, se présente avec un problème infectieux chronique dû à une infection d’origine endodontique au niveau de la 32. L’extraction de la de cette dent est réalisée en même temps qu’une greffe d’os autogène prélevée à la symphyse mentonnière à l’aide d’un trépan broyeur d’os ou k-système, avec mise en place d’une membrane résorbable type Bigide |
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| Lésion endo-parodontale de la 32 vue au scanner |
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| Extraction de la 32 |
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| Prélèvement d’os autogène à la symphyse |
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| Comblement à l’aide d’os autogène |
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| Membrane bioguide mise en place |
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| Réouverture à 3 mois |
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| Mise en place de l’implant |
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| Couronne céramique définitive |
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Cas clinique Dr Raphaël BETTACH
Mme P, se présente pour une réhabilitation prothétique fixe. Le manque de piliers fait opter pour un choix implantaire, mais l’épaisseur d’os est insuffisante. Il est donc réalisé une greffe autogène mélangée avec de l’os synthétique à base d’algues |
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| Os après les extractions de 11 ,23 et 24 |
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| Vue des pertes osseuses en épaisseur |
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