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Le système d’évaluation de plaque SEP : une méthode d’estimation quantitative de la plaque dentaire |
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| Par Patrick DARMON | Mise en ligne : 06 février 2002 | Vus : 1 941 |
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| Etablir un diagnostic des risques bucco-dentaires chez nos patients est le premier objectif de la Dentisterie Prophylactique Individualisée (D.P.I.). Rétablir une flore compatible avec la santé dentaire, est le deuxième objectif. Réaliser des soins compatibles avec le maintien de la santé, est le troisième objectif. |
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Etablir un diagnostic des risques bucco-dentaires chez nos patients est le premier objectif de la Dentisterie Prophylactique Individualisée (D.P.I.). Rétablir une flore compatible avec la santé dentaire, est le deuxième objectif. Réaliser des soins compatibles avec le maintien de la santé, est le troisième objectif. Maintenir cette santé bucco-dentaire acquise ou déjà existante chez nos patients est le quatrième objectif de la Dentisterie Prophylactique Individualisée.
L’évaluation du risque repose sur différentes investigations comme l’entretien médical, l’examen clinique, l’examen radiographique, le bilan alimentaire, l’identification de la flore buccale, etc.
" Seulement un nombre limité des organismes de la flore buccale est responsable des maladies de la bouche " : c’est l’hypothèse de la plaque spécifique de LOESCHE (1976).
Cette flore buccale est poly microbienne. Elle peut être compatible avec la santé bucco-dentaire. Beaucoup d’espèces sont responsables des maladies parodontales. Beaucoup d’espèces sont responsables des infections endodontiques. Peu d’espèces sont cariogènes.
Au cours de la première phase "diagnostic " la détermination du terrain à travers l’estimation individuelle du risque pathologique conduit à considérer la présence de plaque dentaire sur un plan qualitatif : composition de la plaque et sur un plan quantitatif : contrôle de plaque.
Le praticien, dans son exercice quotidien, comprend le besoin crucial d’instruire et d’évaluer le patient sur son contrôle de plaque.
L’information a souvent été considérée comme l’axe le plus important dans l’instauration et le maintien d’une hygiène bucco-dentaire de qualité. Cette maîtrise est la véritable "prévention primaire". Elle doit appartenir au patient.
L’estimation qualitative et /ou quantitative n’est, malheureusement, pas routinière. En outre, elle incombe au praticien. Quand elle est faite, c’est souvent, en termes subjectifs et imprécis tels que : "bon", "médiocre", "mauvais"…
Les indices de plaque
La littérature décrit différents moyens de mettre en évidence la plaque dentaire. La présence de la plaque dentaire peut être exprimée par des indices. Ces indices sont des expressions numériques qui ôtent toute subjectivité. Ils permettent seulement une évaluation quantitative et peuvent être complétés d’évaluations qualitatives. |
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| A des degrés différents le contrôle de plaque concerne la plupart de nos patients et à tout âge. |
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| A des degrés différents le contrôle de plaque concerne la plupart de nos patients et à tout âge. |
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Beaucoup d’indices de plaque sont souvent d’un usage complexe et long. Ils s’adressent plus volontiers à la recherche, aux enquêtes épidémiologiques, aux centres de soins universitaires, à un exercice spécialisé plutôt qu’à l’omnipratique. Parmi les indices les plus utilisés, l’indice de plaque de SILNESS et LÖE (1964) ou P.I. évalue la superficie et l’épaisseur de la plaque, l’indice d’hygiène orale simplifiée de GREENE et VERMILLION (1960 ; 1964) ou O.H.I.S. est basé sur la superficie de plaque recouvrant la dent, sur toutes ces faces. O’LEARY et coll. (1972) suggérèrent d’enregistrer la présence de plaque sur seulement quatre faces de la dent (mésiale, distale, linguale et vestibulaire). C’est l’indice d’hygiène de O’LEARY et coll. ou H.I..Pour une dentition moyenne de 28 dents, cela représente encore 112 faces à évaluer.
Ces indices de plaque, et d’autres encore, sont contraignants, peu pratiques dans le cadre d’un exercice quotidien, d’où une recherche de simplification.
BUTTLER et coll. (1996) proposent le PASS : " Plaque Assessment Scoring System". Il est, comme l’indice de O’leary, utilisé pour gérer l’évolution individuelle du contrôle de plaque du patient. Ils comparent le PASS et l’indice de O’leary et montrent une forte corrélation entre les 2 types de mesures. Le temps moyen pour enregistrer le PASS est de 1,47 minutes et de 7,07 minutes pour l’indice de O’leary.
L’indice de PASS n’est pas proposé comme une technique précise de mesure de la plaque mais comme une technique d’évaluation globale, rapide. Il est proposé comme un "Passage" avant le début des soins.
Le SEP ou Système d’Evaluation de Plaque (DARMON, SCHLEICHER 1998) :
Notre choix se porte sur le renforcement de la motivation du patient par une information optimiste. Il nous a semblé que le PASS, comme tous les autres indices, communiquait négativement en exprimant un pourcentage de présence de plaque. Aussi, proposons-nous :
Le "SEP" pour "Système d’Evaluation de Plaque" repose sur une estimation positive, sur des documents particuliers et sur le protocole suivant :
Nous sélectionnons les cinq dents de Ramfjord : les quatre premières molaires (16, 26, 36 & 46) et une incisive centrale supérieure. Si l’une des molaires est absente, nous retiendrons la molaire distale ou à défaut la dent la plus proche située en mésial. Si aucune des incisives supérieures n’est présente, une incisive mandibulaire sera retenue.
Chaque dent est divisée en quatre secteurs : mésial, distal, lingual et vestibulaire. |
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| Une sonde parodontale graduée à 1mm sera utilisée. Le praticien balaye chaque quart de dent retenue à environ 1mm dans le sulcus |
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| La sonde est amenée vers le sulcus sans toucher la dent. |
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| La sonde pénètre d’un mm dans le sulcus du site à tester. |
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| La présence de dépôt sur la sonde fait noter d’un point bleu le secteur ou bien la sonde ressort propre. |
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| La sonde n’est pas chargée de plaque après le test de la face mésiale de la 11. |
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| La sonde est chargée de plaque après le test de la face distale de la 11. |
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La sonde est nettoyée à l’aide d’une compresse désinfectante après chaque secteur. Les 20 secteurs (4 secteurs x 5 dents) sont testés. Le total des faces sans plaque (sans point bleu) est effectué.
Ce résultat, multiplié par 5, permet d’obtenir le pourcentage d’absence de plaque. |
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Cette méthode qui reprend les aspects rapide, indolore, esthétique (pas de révélateur colorant) du PASS permet d’exprimer le degré d’efficacité du patient et non le degré d’échec. En outre, l’estimation chiffrée évite toute notion de jugement dans la gamme du "sale au propre".
Les documents supports du SEP
Les résultats obtenus, au cours de l’examen, sont portés sur la fiche de collecte conçue pour le SEP. Ils peuvent être reportés sur une fiche annexe qui permet le suivi du patient dans le temps. Elle permet aussi la communication au patient de ses résultats. |
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Les couleurs bleu et jaune ne sont pas "accusatrices" comme le rouge associé au blanc et au noir.
Ces documents ont permis dans nos cabinets, par une communication positive, une prise de conscience et une meilleure implication du patient. Par la visualisation de l’évolution de ses résultats et la connaissance de son score, celui-ci recherche, de lui-même, une amélioration de son efficacité. |
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Les couleurs bleu et jaune ne sont pas "accusatrices" comme le rouge associé au blanc et au noir.
Ces documents ont permis dans nos cabinets, par une communication positive, une prise de conscience et une meilleure implication du patient. Par la visualisation de l’évolution de ses résultats et la connaissance de son score, celui-ci recherche, de lui-même, une amélioration de son efficacité.
Les intérêts du SEP
Le SEP ne mobilise qu’un opérateur. Il s’intègre aisément à tous les types d’exercices professionnels.
Le SEP est rapide, il ne nécessite en moyenne qu’environ 2 minutes.
Il peut être pratiqué à chaque séance.
Il libère le praticien d’une évaluation subjective par jugement au profit d’une évaluation objective par calcul. Il exprime l’efficacité du patient et ses progrès.
Il permet, après l’enseignement des techniques d’élimination de plaque, d’engager ou de différer certains traitements spécifiques.
Il est motivant pour le patient.
Le SEP n’est pas proposé comme une mesure précise de la plaque dentaire.
Il fournit une évaluation représentative, dans une limite acceptable, de l’efficacité du patient à éliminer la plaque dentaire. Il rend ainsi l’observation de l’hygiène orale précise et fiable à long terme.
Conclusion
La gestion de la plupart des maladies bucco-dentaires, passe par le contrôle qualitatif et quantitatif de la flore buccale, en particulier de la plaque dentaire, réservoir bactérien essentiel de la cavité buccale. |
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| "Le contrôle de plaque est l’alpha et l’oméga de la prévention, du soin et de la maintenance de la santé parodontale" (RAMFJORD, 1987). |
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| "Le contrôle de plaque est l’alpha et l’oméga de la prévention, du soin et de la maintenance de la santé parodontale" (RAMFJORD, 1987). |
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L’hygiène bucco-dentaire touche toute la population. Elle ne requiert, pour la plupart, que peu de temps et elle est, en outre, peu coûteuse.
Différentes approches éducatives en santé buccale ont été mises en place afin de proposer des règles. Cependant, le maintien, à moyen ou long terme, de comportements satisfaisants se révèle difficile. Les causes en sont la méconnaissance de ces règles, la perception que les maladies dentaires sont secondaires, la progression insidieuse de ces maladies multifactorielles où la relation directe avec l’hygiène n’est pas évidente, le caractère redondant, quotidien et continu de cette obligation ou encore le mode de vie de la plupart de nos patients.
Après la détermination du contrôle de plaque nous envisagerons son enseignement à nos patients. Cette phase est incluse dans nos plans de traitement de façon quasi systématique. Elle fera l’objet d’une prochaine information. |
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