Burn-out au cabinet : l’hypnose peut-elle y remédier ?

Par Christine BARBARIT-ZIMMER le 21-06-2016

D’après les résultats de la première enquête professionnelle menée par l’Observatoire Nationale de la Santé des Chirurgiens-Dentistes (ONSCD), publiée en 2011, une problématique qui représente environ 48% des praticiens en France tend à être reconnue, qui suis-je ?*

Réponse : Le Syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out.

Nous constatons plus régulièrement de nombreux passages à l’acte. Combien de suicides ? Le taux de suicide (OMS) dans la profession est 5.45 fois supérieur à celui de la population générale.

Il est courant que les praticiens eux-mêmes se questionnent sur les raisons de son origine : « Il existe pourtant des métiers aussi durs, voire plus, qui n’aboutissent pas au suicide ? ». Comme s’il fallait minimiser la difficulté de cette profession si complexe par sa pratique et sa diversité de compétences.

Les praticiens, majoritairement chefs d’entreprise, sont confrontés notamment à la gestion des salariés, de l’agenda, des commandes, des stocks, auxquelles s’ajoute un travail de précision qui demande une concentration de tous les instants, des heures de présence au détriment de la vie personnelle (d’où les nombreux divorces).

Son exposition aux situations angoissantes sont récurrentes : chirurgies sous anesthésie locale (patients éveillés donc participatifs), prise en charge du stress du patient, parfois de l’équipe dans le soin et il doit en plus considérer l’aspect financier en proposant la solution la plus adaptée à son patient, mais pas forcément l’idéale.

Ce professionnel de santé qui peut faire l’objet d’agression verbale et physique ne bénéficie pas d’une image sociale importante, la représentation du dentiste et les peurs qu’il génère restent peu engageantes pour le large public. Son cursus initial ne contient pas de connaissance de base en psychologie ou psychopathologie, pour permettre d’établir un lien thérapeutique afin de faciliter la prise en charge de situations où l’aspect émotionnel reste l’enjeu de fond.

Certaines situations anxiogènes générées par les peurs du patient viennent s’ajouter à la maîtrise tant physique qu’émotionnelle du soignant. Ce schéma s’engramme dans l’inconscient pour épuiser en quelques années les ressources et pour atteindre malheureusement le point de non-retour. Cet ensemble de données entraine un stress chronique et grandissant qui participe au clivage entre le corps et la psyché, comme si l’esprit mettait le corps entre parenthèse.

Un corps qui exprime les limites de l’individu par ses messages de souffrances : troubles du sommeil, dos qui se brise, ulcères, les épaules, les cervicales, les mains, des somatisations, etc.

Le burn-out a trois stades :

– Il se manifeste en premier lieu par des symptômes physiologiques et psychiques, comme l’irritabilité chronique, l’oppression persistante, l’hypertension, l’insomnie et d’autres troubles physiques.
– Les personnes atteintes y réagissent en ralentissant leur rythme, en s’isolant et aussi en abusant de certaines substances addictives comme le tabac, le café, l’alcool et voir certains médicaments.
– Au troisième stade, elles plongent dans un état d’épuisement total caractérisé par des souffrances psychiques et physiques chroniques : tristesse, dépression, problèmes digestifs (système autonome et psycho-somatisation inconsciente), céphalées graves ou migraines, etc.

Malgré tout, une infiltration obsessionnelle de résultat professionnel se cristallise, coûte que coûte, seul l’engagement compte. Il faut faire face aux diverses contraintes administratives de plus en plus lourdes et harcelantes, à cela s’ajoute une pratique isolée comme isolante ce qui amplifie le sentiment de se trouver incompris.

Il a été démontré que le stress est un dispositif de vigilance salvatrice et que la sur-vigilance est dommageable lorsque la quantité de demande dépasse la capacité de réponses du sujet (Dr Hans SEYLE).

Le stress du praticien impact l’équipe et par le fait le patient.

Nous savons en neurobiologie que le stress trop intense subit par l’axe hypothalamo-hypophyso-surrenalien provoque l’épuisement de la glande surrénale et pousse doucement le praticien vers la dépression. Certains professionnels font le choix de changer leur pratique, pour leur confort.

« Qui veut voyager loin ménage sa monture »
J. RACINE.

L’hypnose médicale change votre pratique et bien au-delà pour décider de travailler dans un confort avec l’ensemble de l’équipe du cabinet dentaire, mais aussi pour changer le regard du patient sur la pratique en odontologie.

Quel patient n’apprécierait pas pendant un soin dentaire d’être ailleurs ? Un endroit agréable vécu ou imaginaire, des vacances au bord de mer ou à la montagne par exemple. Le patient vivrait le bon déroulement des soins sans stress et verrait une autre réalité, tout en restant connecté à la voix de l’opérateur qui l’accompagne et le guide par des suggestions adaptées, cette nouvelle réalité construite par le patient voit son anxiété diminuer et donc la représentation de la douleur se modifie (Pr FAYMONVILLE).

burn out hypnose

“Les réponses du cerveau à des stimulations douloureuses par lasers” (à gauche sans hypnose, à droit pendant le processus hypnotique)

Le bénéfice pour le praticien est sans équivoque, l’hypnose, c’est la cascade du bien-être qui se diffuse à tous les niveaux.

Si l’ensemble des protagonistes sont confortables, il en découle un meilleur rendement du cabinet par l’efficacité de tous.

Voici deux questions auxquelles vous pouvez répondre dans les commentaires :
Peut-on sortir du déni du burn-out dans la profession ?
Quels sont les compromis ?

 

Mme Christine BARBARIT-ZIMMER
Fondatrice de DENT L’HYPNOSE

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