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Présentation d’un cas clinique d’anomalies de structure amélaire : diagnostic différentiel et importance de la prophylaxie

Par François Clauss le 06-09-2016
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F Clauss1,2, M-C Manière 1,2

1 : Faculté de Chirurgie Dentaire, Université de Strasbourg, Pôle de Médecine et de Chirurgie Bucco-Dentaires, Strasbourg.
2 : Centre de Référence pour les Manifestations Dentaires des Maladies Rares, Strasbourg

Présentation du tableau clinique

01

Fig 1 a-c : Vue clinique antérieure en occlusion (a), arcade maxillaire (b) et incisives permanentes maxillaires présentant des zones d’hypominéralisation (c).

La patiente âgée de 11 ans consulte au Centre de Référence pour les manifestations dentaires des maladies rares de Strasbourg pour des raisons esthétiques, elle est gênée par l’aspect de ses incisives. Le bilan ne met pas en évidence d’antécédents médico-chirurgicaux informatifs. L’anamnèse familiale ne révèle pas de notions d’anomalies de structure ou, de façon plus large, d’anomalies du développement dentaire isolées ou syndromiques.

L’examen clinique intra-oral montre des anomalies de structure amélaire généralisées au niveau de l’ensemble des dents permanentes maxillaires et mandibulaires (Fig 1 a-c). Le phénotype est beaucoup plus modéré au niveau des dents temporaires. D’importantes zones d’hypominéralisation sont observées au niveau des secteurs antérieurs et postérieurs, associées à des hypoplasies de faible étendue au niveau des premières prémolaires et des premières molaires permanentes maxillaires (Fig 1a-b), ainsi qu’au niveau des molaires temporaires mandibulaires. De plus, des lésions carieuses cervicales sont présentes au niveau de 84-85.

Discussion du diagnostic différentiel

Le diagnostic différentiel est guidé par le phénotype clinique, la séméiologie radiologique, les antécédents, ainsi que par la distribution topographique des anomalies de structure. En l’occurrence, le diagnostic différentiel de ces hypominéralisations et hypoplasies amélaires sévères se discute entre une forme d’amélogenèse imparfaite de type hypomature/hypominéralisée et une fluorose. Le bilan fluoré réalisé chez la patiente ne révèle pas d’associations de plusieurs sources de fluor systémique durant l’enfance, avec utilisation uniquement de dentifrice fluoré, ce qui orienterait plutôt le diagnostic vers une forme sporadique d’amélogenèse imparfaite de type hypomature/hypominéralisée. Une exploration moléculaire peut être envisagée pour déterminer l’étiologie et le gène impliqué, ce qui a également son intérêt dans le cadre du conseil génétique.

Suivi prophylactique et thérapeutique

Dans ce contexte d’anomalies de structure, une prise en charge prophylactique avec réalisation de scellements de sillons des molaires permanentes, utilisation d’un dentifrice fluoré et suivi régulier avec fluoration topique est indiqué. La présence de lésions carieuses cervicales montre bien la plus forte cario–susceptibilité en rapport avec les anomalies de structure. Des restaurations en matériau composite au niveau des hypoplasies et une réhabilitation globale esthétique des secteurs antérieurs sont également indiquées.

Conclusions

Les patients présentant un tableau clinique d’anomalies de structure nécessitent systématiquement une démarche diagnostique rigoureuse avec discussion du diagnostic différentiel entre anomalies d’origine génétique et environnementale. La mise en place d’un suivi à long terme est également indispensable dans ces contextes cliniques caractérisés par une cariosusceptibilité accrue.


Pour en savoir plus sur la carie et la prophylaxie, inscrivez-vous au #ColgateTalks qui aura lieu le 22 octobre 2016.

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