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Les hypominéralisations molaires incisives

Par Elsa Garot, Patrick Rouas le 01-07-2020

MIH… Trois lettres qui, assemblées, forment un acronyme très à la mode en Odontologie. Issu de la dénomination anglo-saxone Molar Incisor Hypomineralisation, cet acronyme désigne une anomalie de structure de l’émail dentaire retrouvée sur au moins une première molaire permanente, associée de manière inconstante à une atteinte des incisives permanentes. Dans de rares cas, d’autres catégories de dents peuvent être affectées. Cette anomalie se manifeste par des taches blanches, jaunes ou brunes, localisées préférentiellement au niveau du 1/3 occlusal. Sa sévérité est variable.

 

Figure-1-et-2

 

Pourquoi entend-on beaucoup parler de MIH aujourd’hui ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela :

• L’anomalie a une prévalence relativement élevée avec 1 enfant sur 7 atteint en moyenne dans le monde, ce qui signifie que de nombreux praticiens la rencontrent dans leur structure,

• Elle peut occasionner des délabrements importants sur des dents considérées comme des piliers des arcades, les zones amélaires poreuses étant régulièrement le siège de maladie carieuse à évolution rapide,

• Des taches peuvent être présentes sur les incisives permanentes, entraînant un sourire disgracieux à l’origine de troubles psycho-sociaux,

• Les facteurs étiologiques ne sont pas vraiment identifiés, une trentaine d’hypothèses étant relayées dans la littérature, ce qui ne permet pas de mettre en place une prévention des facteurs de risque en amont,

• La fréquence des traitements et des consultations est 10 fois plus élevée chez les enfants présentant l’anomalie par rapport aux enfants ne l’ayant pas.

 

Photo-3

 

Le diagnostic des MIH doit être extrêmement précoce, les atteintes dentinaires, voir pulpaires pouvant apparaître en quelques mois. L’un des premiers signes cliniques est l’hypersensibilité entraînant un contrôle de plaque déficient de la part de l’enfant, puis une détérioration rapide des tissus, aboutissant à une majoration de l’anxiété du jeune patient, majorant la difficulté de réalisation des soins éventuels. Des difficultés anesthésiques sont fréquemment relevées, difficultés pouvant être éliminées grâce aux techniques ostéo-centrales. L’usage du MEOPA peut permettre de réduire l’anxiété du patient.

 

La prise en charge de ces enfants doit reposer sur une véritable stratégie. Les thérapeutiques préventives sont à appliquer initialement. Axées sur la reminéralisation et la réduction de l’hypersensibilité, elles visent à renforcer l’émail présentant une densité minérale réduite. Le scellement des sillons fait également partie des traitements à mettre en place rapidement après l’éruption de ces premières molaires permanentes. Lorsqu’une perte de structure s’observe, des thérapeutiques restauratrices, directes ou indirectes, voir des réhabilitations prothétiques dans les cas sévères peuvent être envisagées. La priorité absolue est de conserver ces premières molaires vivantes. En présence de germes de troisièmes molaires, l’avulsion de certaines molaires délabrées, en particulier lorsqu’elles ont subi une thérapeutique endodontique, constitue une excellente solution si l’analyse orthodontique le permet.

 

L’esthétique constituant un motif fréquent de consultation, les défauts antérieurs, plus résistants, ne sont néanmoins pas à négliger à partir du moment où les secteurs postérieurs ont été pris en charge. Les défauts avec perte tissulaire et ceux impliquant le bord libre nécessitent une attention particulière. L’éclaircissement, non possible de manière efficace avant 18 ans en France, pourrait néanmoins permettre de « diluer » les taches disgracieuses. Les facettes composites pourront faire disparaître un défaut en le masquant. Des techniques directes, semi-directes, ou indirectes sont proposées. L’infiltration résineuse en profondeur constitue une alternative, même si elle occasionne un coût tissulaire.

 

Aujourd’hui, l’un des points essentiels est d’effectuer un diagnostic précoce des MIH permettant d’intervenir en amont de manière à éviter un délabrement tissulaire rapide et des soins pouvant être fastidieux.

 


 

Un article de Patrick Rouas et Elsa Garot

MCU/PH en Odontologie pédiatrique, Université de Bordeaux/CHU de Bordeaux. Chercheurs Permanents laboratoire PACEA, UMR5199, Université de Bordeaux.

 

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