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La démobilisation est-elle en marche ?

Interview Par Alaa Zeidan le 19-09-2017

Suite à la mobilisation du 14 septembre, Alaa Zeidan est allé à la rencontre de Mathieu Benichou, jeune praticien qui milite activement au sein des CCDeLi. Une interview réalisée en exclusivité pour Dentalespace et Dentistes de France.


Q: Mathieu, peux-tu s’il te plaît rapidement te présenter ?

R: Bien sûr. Je m’appelle Mathieu Benichou et je suis un jeune praticien très récemment thésé. J’ai été responsable du mouvement étudiant dentaire à Toulouse et j’ai participé au montage de la CCDELI (Cellule de Coordination des Dentistes Libéraux) 31. Je milite pour une dentisterie innovante et progressiste.

Q: Qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager en faveur du mouvement dentaire ?

R: J’ai des parents médecins, ce qui fait que je connais très bien les problématiques auxquelles sont confrontés les professionnels de santé. Les politiques nous montrent régulièrement du doigt par rapport à la mauvaise prise en charge des soins et des prothèses dentaires, en n’hésitant pas à monter la population contre nous, tout en refusant de cibler les vrais responsables de cette situation, c’est-à-dire l’Assurance Maladie et les mutuelles. Il ne faut pas oublier que nous réalisons un travail intellectuel et technique, qui nécessite un investissement important pour la réalisation de nouvelles méthodes de soins et une rémunération à sa juste valeur. J’ai toujours plaidé pour l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes afin de ne pas être bloqué dans la même situation depuis 30 ans.

Q: Quel bilan dresses-tu des actions menées jusqu’à présent ?

R: Il y a eu deux phases. Au moment de la mise en place du règlement arbitral, il y a eu une mobilisation extraordinaire de la part des étudiants et des praticiens, du fait de la désinformation menée par certains responsables politiques. Puis, depuis l’annonce par la nouvelle Ministre de la Santé du report d’un an de l’application du règlement arbitral juste avant les vacances d’été, on note une démobilisation liée à la complaisance de certains et de ce fait, il est plus difficile de continuer à mobiliser les autres.
Tant qu’on a du poids pour négocier, il faut utiliser chaque jour au cabinet pour mettre la pression sur les politiques car sinon, il sera trop tard.

Q: Quelles actions sont envisagées pour la suite ?

R: Lors de la visite à Toulouse d’Emmanuel Macron le 11 septembre dernier, j’ai pu pendant 10 minutes discuter avec un de ses très proches conseillers au sujet de la politique de santé bucco-dentaire, et il semblait ne pas être au courant des différentes problématiques. Je lui ai remis une lettre pour le Président de la République avec un dossier comportant un article sur le véritable coût des soins dentaires (matériel, investissement) ainsi qu’un comparatif avec les autres pays européens.

Par ailleurs, nous avons prochainement rendez-vous avec Corinne Vignon, une député LREM de Toulouse qui est également membre de la Commission des Affaires Sociales à l’Assemblée Nationale. Les candidats aux dernières législatives n’étaient pas au courant des conséquences du règlement arbitral (coût, emploi) car beaucoup nous voyaient plus comme des revendeurs que comme des soignants.
Il est envisagé de fermer les cabinets dentaires durant la semaine du congrès de l’ADF, afin d’encourager les médias à s’intéresser aux innovations technologiques dans le milieu de la dentisterie. D’autres actions peuvent être prévues selon l’évolution des négociations en cours.

Q: Quelle vision as-tu de la politique de santé bucco-dentaire en France ?

R: La profession se complaît depuis plus de 30 ans sans prendre suffisamment de recul, en voulant surtout réaliser de la prothèse.
Il faudrait réaliser un Grenelle de la dentisterie auquel prendrait part les praticiens, les syndicats dentaires, le gouvernement, l’Assurance Maladie et les mutuelles.
Il faut favoriser les patients assidus par rapport à la prise en charge, afin de responsabiliser l’ensemble de la population. Pour cela, il faut vraiment mettre l’accent sur la prévention en la menant à sa juste valeur (tests salivaires et bactériens, translumination des caries, bilan M’Tdents tous les ans,…). Le reste à charge diminuera ainsi naturellement, car il y aura automatiquement moins de prothèse à réaliser. Un panier de soins pris en charge intégralement selon l’âge doit être mis en place.
Les politiques disent tous qu’ils sont en faveur de la prévention : ok mais allons-y jusqu’au bout !


Cette interview a été réalisée par Alaa Zeidan en exclusivité pour Dentalespace et Dentistes de France.

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