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S’associer, oui mais pour le meilleur !

Par Julien FRAYSSE le 05-10-2021
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Introduction

Vous connaissez tous le dicton : l’association c’est comme le mariage et pour ceux dont l’union est ancienne, inutile de leur rappeler que l’on se marie pour le meilleur comme pour le pire.

 

Certains d’entre vous ont pu connaître ou connaissent des difficultés dans leur association, soit temporaires, soit durables. Il est toujours instructif lorsqu’une mésentente surgit d’en analyser les causes, de remonter à l’origine.

 

Les difficultés rencontrées au cabinet dentaire

Bien souvent, au sein des cabinets dentaires, nous constatons que les principales sources de conflit sont les suivantes :

• Le partage des frais en SCM : au démarrage de la collaboration, le règlement intérieur fixe les modalités de répartition des charges (Qui paie quoi ? À quelle hauteur ? Selon quelle proportion…), mais au fil du temps les praticiens connaissent des évolutions dans leur activité susceptibles de générer des tensions entre eux.

 

• Les investissements : les praticiens sont plus ou moins enclins à renouveler leurs équipements. Lorsqu’ils le sont, il faut alors s’accorder sur la typologie du matériel, sur le budget à y consacrer, sur les modalités de financement…

 

• Le recrutement du personnel et son management : faut-il embaucher un(e) assistant(e), un(e) secrétaire supplémentaire ? À quel salaire ? Quel type de contrat ? Quel niveau de compétence ? Faut-il augmenter les salaires ? Les exemples ne manquent pas !

 

• Le local professionnel : vaut-il mieux rester locataire ou devenir propriétaire ? Doit-on agrandir (quand on peut) ? Faut-il déménager…

 

• Les relations entre associés : elles sont souvent inhérentes au manque d’implication d’un associé par rapport à un autre dans la gestion du cabinet, les choix à opérer, les décisions à prendre, le management de l’équipe dentaire. Elles peuvent également être liées à la personnalité et au comportement de son associé : sentiment de supériorité, attitude hautaine et méprisante, égo surdéveloppé, individualisme marqué… La liste pourrait être longue !

 

• Le départ d’un associé pivot : au sein de nos petites entreprises, l’équilibre est parfois fragile. Quand un leader est amené à quitter un groupe, les associés restants doivent reprendre le leadership et se substituer à leur prédécesseur, ce qui est loin d’être évident surtout quand la transition n’a pas été préparée et que les choses se déroulent dans la précipitation et dans l’absence de concertation.

 

• L’arrivée d’un associé : a contrario, quand un nouveau praticien intègre un groupe et arrive avec son histoire, ses pratiques professionnelles et managériales, la greffe ne prend pas toujours immédiatement et le « onboarding » mal préparé peut causer des dégâts au sein de toute l’équipe.

 

• Les conflits intergénérationnels : en gros, le clan des jeunes face au clan des aînés. Les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres et les discussions peuvent être vives quant à l’avenir du cabinet.

 

• La stratégie du cabinet et son positionnement : comme le dit le vieil adage : « il n’est de vent favorable que pour celui qui sait où il va ». Et naturellement, les visions des praticiens peuvent être divergentes.

 

Comment surmonter ces difficultés ?

Faisons encore une fois appel à la sagesse populaire : « mieux vaut prévenir que guérir ». Il faut essayer d’être au maximum dans l’anticipation, tenter de déceler les signes avant-coureurs du conflit qui va naître. Bien connaître son associé, sa personnalité, sa psychologie sont des éléments fondamentaux. Cette connaissance permet d’identifier rapidement un comportement ou une attitude atypique, donc de prévenir une problématique naissante. Nos clients évoquent souvent le manque voire l’absence de communication, un changement de ton ou des discussions qui se tendent.

 

En outre, les associés doivent impérativement « se mettre d’accord sur le désaccord ». La nécessaire clarification du « pourquoi » est essentielle sinon c’est l’enlisement garanti.

 

Sur le plan comportemental :

• Essayer d’être soi-même exemplaire de ce que l’on attend de l’autre : soyez à l’écoute, reformulez, faites preuve de patience, ne vous emportez pas.

 

 Transformez l’accusation en explication.

 

 Soyez factuel, faites appel à la raison et ne nous laissez pas submerger par vos émotions.

 

• Mettez en avant l’intérêt du cabinet, l’intérêt social, l’intérêt général plutôt que l’intérêt particulier.

 

 Positivez les difficultés rencontrées : toute crise d’association peut être salvatrice, créatrice de changement, de renouveau, l’occasion de rebondir et de développer la structure.

 

• Responsabilisez l’autre sur les conséquences de la non résolution du litige. Défaire une association peut s’avérer particulièrement onéreux pour les parties. Ceux qui ont divorcé le savent…

 

 Mettez vous à la place de l’autre pour mieux anticiper ce que l’autre partie peut ressentir et faire. C’est un peu comme dans une partie d’échec : la lecture du jeu de l’autre revêt toute son importance.

 

• Trouvez un accord gagnant-gagnant, qui ne fera pas perdre la face à l’autre. La vie, vous le savez, est faite de compromis. Mieux vaut un mauvais accord qu’un procès.

 

• Mettez en avant les points d’adhésion, ce sur quoi vous vous entendez : ils doivent être le ciment, les fondations de votre réconciliation.

 

• Ne craignez pas de reconnaître vos torts : c’est un signe d’ouverture. Vous ferez ainsi preuve de sagesse et de raison. Nombreuses sont les guerres dont les ferments peuvent être trouvés dans chacun des camps.

 

Méfiez-vous des facteurs d’accélération des conflits. Comme le vent attise le feu, les sentiments, les émotions, les croyances, la colère, le désir de vengeance, la jalousie, la paranoïa, la peur, des mots et des gestes déplacés peuvent envenimer une relation d’associés.

 

En accompagnant au quotidien des praticiens du monde dentaire, nous avons été fortement sensibilisés à l’importance des relations entre associés, que ce soit pour les structures existantes, lors de l’intégration d’un nouvel associé ou leur sortie. Elles sont indispensables à la réussite du groupe et des individus qui le composent. Une attention particulière doit leur apporter tant sur le plan humain que juridique.

 

Dentairement votre.

Julien Fraysse

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Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Julien Fraysse !

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