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Mise en fonction immédiate implantaire à la mandibule

Par Rémy TANIMURA le 23-11-2021
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Une mise en fonction immédiate a un sens uniquement lorsque le patient n’a pas d’appareil amovible provisoire. Si le patient est édenté, une mise en fonction différée est plus appropriée en dissociant la partie chirurgicale et la partie prothétique. L’organisation est facilitée pour le praticien et le prothésiste. Pour le patient, la durée du traitement ne sera pas rallongée pour autant car les délais d’intégration et de remodelage sont incompressibles.

 

La différence entre les deux techniques est la conservation de l’architecture osseuse et la mise en place immédiate d’une prothèse transitoire fixe. Ajouté aux indications pour une mise en fonction immédiate, le patient doit respecter un régime alimentaire strict pendant au moins 45 jours sans exercer de contraintes sur la prothèse, ce qui est loin d’être contrôlable par le praticien.

Pour cela, lorsque la situation le permet, une approche hybride en mettant d’abord des implants en postérieur en mise en charge différée là où les contraintes sont les plus fortes est intéressante. Après leur intégration à 6 semaines (mise en charge précoce), une mise en charge immédiate post-extractionnelle des implants antérieurs est possible avec une grande sécurité et efficacité à condition d’avoir une structure prothétique rigide pour assurer une contention de l’ensemble des implants.

 

Le taux de survie d’implants mis en place dans une alvéole d’extraction est statistiquement comparable à celui des implants placés dans un site osseux cicatrisé (95,6% contre 99,4%)(1).

Lors des mises en fonction immédiates, les implants doivent être parfaitement stabilisés.
Un couple d’insertion supérieur à 35 Ncm ou d’une valeur Implant Stability Quotient (ISQ) supérieure à 60 et 70 permet de réduire les échecs liés à une mise en fonction immédiate(2).
Cet ancrage primaire des implants est capital.

 

Un micromouvement des implants de l’ordre de 30 à 100 µm pourrait compromettre l’intégration des implants(3,4,5).
Le nombre d’implants à la mandibule peut être réduit sans pour autant compromettre le taux de survie des implants et des prothèses, ce qui n’est pas le cas au maxillaire(6).

L’orientation des implants se fait en fonction du volume osseux disponible. Une implantation selon le grand axe de la prothèse avec des piliers droits sera privilégiée. Les implants inclinés seront réservés pour des situations atrophiques, en positionnant les implants en avant des trous mentonniers dans la zone antérieure.

 

Dans le cadre d’une implantation dans les alvéoles, la position de l’implant doit anticiper le remodelage osseux. Quelle que soit la technique de comblement des espaces entre l’implant et l’os vestibulaire de l’alvéole, la résorption de l’os est inéluctable(7). Pour cela, un comblement osseux de cet espace est nécessaire.

Ce remodelage osseux est estimé à -3,79 mm ± 0,23 mm horizontalement et -1,24 mm ± 0,11 mm verticalement(8,9).
Avec les implants « Bone Level », le col de l’implant sera placé en position infra-osseuse. Pour établir un espace biologique indispensable à la préservation de l’os péri-implantaire, la hauteur du col du pilier doit être autour de 2 mm pour ce type d’implants ayant une connexion interne avec « platform switching ». Par ailleurs, le tissu péri-implantaire doit être épais(10).

 

Sur le plan clinique, la position et le diamètre de l’implant doivent permettre d’avoir au moins 2 mm entre la paroi vestibulaire de l’alvéole et la surface vestibulaire de l’implant. Verticalement, au niveau vestibulaire, le col de l’implant sera positionné au moins à 1 mm sous le rebord osseux vestibulaire(11). Arbitrairement, des piliers avec une hauteur gingivale de 2,5 mm ont été placés pour créer un espace biologique idéal. Après une période de remodelage, le changement des piliers afin de réduire la hauteur gingivale pour des raisons esthétiques est toujours possible.

 

Conclusion

La mise en fonction des implants immédiatement placés dans les alvéoles d’extraction peut être sécurisée par l’implantation au préalable des implants au niveau postérieur. Dans la plupart des situations cliniques, cette approche est possible. Une bonne connaissance de la biologie osseuse d’une alvéole d’extraction permettra d’anticiper le remodelage osseux. Cette anticipation est la clef du succès pour une réhabilitation implantaire pérenne.

 

Références bibliographiques

(1) Del Fabbro M., Ceresoli V., Taschieri S., Ceci C., Testori T. – Immediate loading of postextraction implants in the esthetic area: systematic review of the literature.
Clin Implant Dent Relat Res. 2015 Feb;17(1):52-70

(2) Chrcanovic BR., Albrektsson T., Wennerberg A. – Reasons for failures of oral implants.
J Oral Rehabil. 2014 Jun;41(6):443-76

(3) Brunski JB. – Avoid pitfalls of overloading and micromotion of intraosseous implants.
Dent Implantol Update. 1993 Oct;4(10):77-81

(4) Szmukler-Moncler S., Piattelli A., Favero GA., Dubruille JH. – Considerations preliminary to the application of early and immediate loading protocols in dental implantology.
Clin Oral Implants Res. 2000 Feb;11(1):12-25

(5) Kawahara H., Kawahara D., Hayakawa M., Tamai Y., Kuremoto T., Matsuda S. – Osseointegration under immediate loading: biomechanical stress-strain and bone formation -resorption.
Implant Dent. 2003;12(1):61-8

(6) Papaspyridakos P., Mokti M., Chen CJ., Benic GI., Gallucci GO., Chronopoulos V. – Implant and prosthodontic survival rates with implant fixed complete dental prostheses in the edentulous mandible after at least 5 years: a systematic review.
Clin Implant Dent Relat Res. 2014 Oct;16(5):705-17

(7) Araújo MG., Silva CO., Souza AB., Sukekava F. – Socket healing with and without immediate implant placement.
Periodontol 2000. 2019 Feb;79(1):168-177

(8) Tan WL., Wong TL., Wong MC., Lang NP. – A systematic review of post-extractional alveolar hard and soft tissue dimensional changes in humans.
Clin Oral Implants Res. 2012 Feb;23 Suppl 5:1-21

(9) Hämmerle CH., Araújo MG., Simion M., Osteology Consensus Group 2011 – Evidence-based knowledge on the biology and treatment of extraction sockets.
Clin Oral Implants Res. 2012 Feb;23 Suppl 5:80-2

(10) Linkevicius T., Puisys A., Steigmann M., Vindasiute E., Linkeviciene L. – Influence of Vertical Soft Tissue Thickness on Crestal Bone Changes Around Implants with Platform Switching: A Comparative Clinical Study.
Clin Implant Dent Relat Res. 2015 Dec;17(6):1228-36

(11) Groenendijk E., Staas TA., Graauwmans FEJ., Bronkhorst E., Verhamme L., Maal T., Meijer GJ. – Immediate implant placement: the fate of the buccal crest. A retrospective cone beam computed tomography study.
Int J Oral Maxillofac Surg. 2017 Dec;46(12):1600-1606

 


 

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