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Comment (bien) rédiger une ordonnance ?

Par Guillaume Gardon-mollard le 13-03-2018
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La prescription joue un rôle bien trop important dans l’exercice médical pour se faire à la légère. A l’heure des outils informatiques, il est étonnant de voir des ordonnances manuscrites brouillonnes, illisibles et incompréhensibles. Des ordonnances mal rédigées augmentent les risques d’erreurs de délivrance et de mauvaise observance des traitements prescrits. (Fig. 1)

Les textes de lois qui encadrent la prescription en odontologie autorisent une certaine liberté thérapeutique mais impliquent également une grande responsabilité médico-légale. C’est pour cela que nous avons cherché à dégager et rappeler, tant sur le fond que sur la forme, les règles fondamentales de la prescription.

fig.1

Fig. 1

 

RÈGLES RÉDACTION DE L’ORDONNANCE

  • La prescription doit être rédigée sur une ordonnance comportant le nom, le prénom, les titres et l’adresse complète du praticien.
  • Depuis un arrêté du 1er septembre 2010, les ordonnances médicales doivent comporter un code barre permettant l’identification du prescripteur afin d’empêcher les contre-façons. (Fig. 2)
  • L’ordonnance doit être datée et signée. Cela engage la responsabilité (civile et pénale) du prescripteur.
  • Elle doit être lisible, explicite et divisée en paragraphes numérotés.
  • Elle doit être rédigée en double exemplaire : un pour l’organisme de remboursement, l’autre (duplicata) pourra être conservée par le patient.
  • L’ordonnance doit être expliquée verbalement au malade et/ou à son entourage.
  • L’ordonnance doit mentionner les nom, prénom, sexe et âge du patient (ainsi que le poids pour les enfants).
  • Une ordonnance n’est valide que 3 mois et son renouvellement ne peut se faire que par tranche d’un mois.
Code barre

FIg. 2

 

PRÉSENTATION DE L’ORDONNANCE

Le remplissage de l’ordonnance doit respecter un ordre précis :
1. Les médicaments étiologiques (ex : antibiotiques)
2. Les médicaments symptomatiques (ex : antalgiques)
3. Les médicaments adjuvants (médicament, produit ajouté à un autre pour renforcer ou compléter son action ; ex : dentifrice)
4. Les médicaments à usage externe (ex : bains de bouche)

Chaque médicament prescrit doit être numéroté et son nom souligné.

Pour chaque médicament, mentionnez :

  • La dénomination du médicament ou du produit prescrit, ou le principe actif du médicament désigné par la Dénomination Commune Internationale (DCI)
  • La forme galénique (ex : comprimés effervescent, gélules, pommade…)
  • Le nombre d’unités thérapeutiques (1 boite, 2 tubes…)
  • La durée totale du traitement (QSP pour Quantité Suffisante Pour)
  • La posologie de chaque prise et le nombre de prises par jour
  • La dose maximale à ne pas dépasser par 24 heures
  • Le protocole d’absorption (avant, pendant ou après les repas…)
  • Les éventuels effets secondaires et les précautions à prendre (conduite de véhicule)
  • Le nombre de renouvellements éventuels du médicament

 

D.C.I OU DÉNOMINATION COMMERCIALE ?

La D.C.I a été instaurée par l’OMS pour contrer les stratégies publicitaires et commerciales des laboratoires pharmaceutiques qui vantent leurs produits comme des marques et leur associent des vertus pas toujours objectives. La D.C.I permet aux professionnels de santé et aux patients de s’y retrouver au milieu d’une multitude de références et de se concentrer sur les principes actifs des médicaments.

Le prescripteur peut exclure, pour des raisons particulières tenant au patient, la possibilité pour le pharmacien de délivrer par substitution un médicament générique, par la mention « non substituable » portée de manière manuscrite sur l’ordonnance avant la dénomination commerciale du médicament ou du produit prescrit.

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