De l’innovation à la pratique quotidienne : interview du Dr Christian Moussally
Événement Par M.School le 18-05-2026Une deuxième édition du symposium « De l’innovation à la pratique quotidienne », organisé par M.School, réunira les 18 & 19 juin prochains 25 conférenciers à la Grande Crypte (Paris 16ᵉ).
À l’initiative de cet événement, le Dr Christian Moussally s’inscrit depuis plusieurs années comme une figure engagée dans l’évolution de la formation en dentisterie numérique, avec une approche centrée sur l’application clinique et le partage d’expérience.
Nous lui avons posé quelques questions sur sa vision, son engagement dans la formation et ce qui rend ce symposium particulièrement important pour lui aujourd’hui.
1. En tant que fondateur de M.School et acteur engagé dans l’évolution de la formation en dentisterie numérique, qu’est-ce qui vous a donné envie de créer un événement comme ce symposium aujourd’hui ?
Avec M.School, j’ai fait le choix de privilégier des formations en petits groupes afin de favoriser les échanges entre participants et formateurs. L’organisation d’un congrès réunissant un large public s’inscrit donc naturellement en complément de cette approche, en mettant cette fois l’accent sur les échanges entre participants.
Le Docteur Bertrand DINAHET avait initié cette dynamique avec les Rencontres CEREC Touch à Saint-Malo en 2015, puis à Marseille en 2017. Dans la continuité de ces événements remarquables, j’ai créé le premier SymposiuM à La Rochelle en 2022. Face à son succès, il m’a semblé évident de renouveler l’expérience à Paris les 18 et 19 juin 2026.

Fig. 01 : 1er symposiuM à la Rochelle en 2022.
2. Si vous deviez résumer votre parcours en une idée forte qui guide votre pratique aujourd’hui, quelle serait-elle ?
Je me suis toujours considéré comme un éternel étudiant, animé par une soif constante d’apprendre. Mon entrée au laboratoire de recherche en biomatériaux de la Faculté de Chirurgie Dentaire de Montrouge, aujourd’hui unité INSERM, a été déterminant. Le Docteur Jean-Pierre Attal et son équipe m’ont transmis une conviction essentielle : la connaissance et la maîtrise des biomatériaux sont indispensables à une pratique moderne et rigoureuse.
3. Le numérique transforme la dentisterie à grande vitesse. Comment rester fidèle à ses valeurs tout en intégrant ces évolutions ?
Les avancées informatiques ont considérablement accéléré le développement de la dentisterie numérique. En tant que praticien, j’ai fait le choix d’intégrer ces innovations en les adaptant à notre pratique quotidienne.
Il est important de souligner que ces évolutions bénéficient autant aux patients qu’à l’équipe soignante, sans nuire à la qualité des soins, bien au contraire.
4. Y a-t-il un moment dans votre carrière où une innovation a réellement changé votre pratique… ou votre relation avec vos patients ?
L’empreinte optique et la CFAO directe ont marqué un tournant décisif dans ma carrière professionnelle, lorsqu’en 2002 j’ai fait ce choix un peu avant-gardiste.
Proposer une alternative à l’empreinte physico-chimique, souvent décrite par les patients comme « la pâte qui fait vomir », a profondément amélioré leur expérience.
De plus, la possibilité de réaliser des restaurations indirectes en une seule séance a transformé la relation patient : un seul rendez-vous, une seule anesthésie, pas de provisoire, des restaurations sans métal… autant d’avantages immédiatement perçus.
Aujourd’hui, ces bénéfices se sont encore élargis : simulation des projets thérapeutiques, guides chirurgicaux, articulateur virtuel, prothèses amovibles, gouttières, orthodontie, et bien plus encore.

Fig. 02 : exemple d’empreinte optique ou CFAO directe.
5. L’innovation peut parfois impressionner ou freiner certains praticiens. Quels conseils donneriez-vous à ceux qui hésitent encore à franchir le pas ?
L’innovation peut effectivement susciter des réticences chez les praticiens, mais elle est toujours perçue positivement par les patients.
Il faut également rappeler que la CFAO dentaire n’est plus une nouveauté : elle a plus de 40 ans d’existence et a largement fait ses preuves.
Certes, l’investissement initial peut être important, mais il ne faut pas hésiter à franchir le cap. La phase d’apprentissage est aujourd’hui relativement courte, notamment grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les flux numériques.
6. Selon vous, qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui pour être un praticien “complet” ?
À mes yeux, le praticien « complet » n’existe pas réellement. Chacun adapte son environnement professionnel à ses orientations thérapeutiques.
L’essentiel est de s’équiper intelligemment, avec du matériel utilisé au quotidien et exploité à son plein potentiel.
7. Quel impact souhaitez-vous que ce SymposiuM ait sur la manière dont les praticiens envisagent leur quotidien ?
J’aimerais que les participants (praticiens, prothésistes et assistantes) puissent appliquer dès le lendemain les enseignements partagés lors du congrès.
Je souhaite également que cet événement suscite une réflexion sur l’évolution de notre profession.
8. Si vous deviez transmettre une seule conviction aux praticiens qui assisteront à votre congrès, laquelle serait-elle ?
Ces deux jours démontreront clairement une réalité : la dentisterie contemporaine est déjà numérique, et elle le sera encore davantage demain.
9. Qu’appréciez-vous dans ces moments de transmission ? En quoi le partage d’expérience entre pairs est-il essentiel aujourd’hui ?
Nous sommes avant tout des soignants, et le partage du savoir et de l’expérience est fondamental.
Même si les réseaux sociaux et les formations en ligne prennent une place croissante, je reste profondément convaincu de la valeur des échanges en présentiel.
Le Symposium réunira des intervenants de très haut niveau, abordant des thématiques concrètes liées à l’intégration du numérique dans notre pratique quotidienne.

Fig. 03 : moment de partage au 1er symposiuM à la Rochelle.
10. Pourquoi ce symposium des 18 et 19 juin est-il un moment à ne pas manquer selon vous ?
Le SymposiuM 2 sera le plus grand congrès français entièrement dédié à la dentisterie numérique en 2026. Avec des conférenciers d’exception, des démonstrations pratiques et une soirée de gala mémorable, il s’adresse à tous : utilisateurs expérimentés comme praticiens en réflexion.
Nous y aborderons bien sûr les empreintes optiques et la CFAO, mais aussi la communication avec le laboratoire et la simplification des protocoles en dentisterie esthétique, en prothèse adjointe, en implantologie et en dentisterie restauratrice.
Cette interview a été réalisée par l’équipe de Dentalespace.

















