Les chroniques de PAL #6 – Certificat

Par Les Chroniques de PAL le 05-06-2018

Dans la vie d’un chirurgien-dentiste, il y a des hauts, des bas, des prises de têtes et des coups de cœur. Mais il y a aussi beaucoup d’humour ! Les Chroniques de PAL, c’est justement ces petits moments de la vie d’un confrère qui prend la vie au 3ème degré, avec une plume acérée, des propos très imagés et une passion certaine. Régulièrement le Dr PAL nous fera l’honneur de partager avec nous ses “Cas cliniques”, pour notre plus grand sourire !

CERTIFICAT

Je soussigné, Dr PAL, atteste :

Monsieur X s’est présenté en urgence ce jour à mon cabinet, exposant au secrétariat le motif de sa consultation en ces termes : « Ve m’suis manvé une groffe patate en pleine djeule. »

A l’examen exobuccal,
je note d’emblée une franche tête de lard. Le front est plat, la distance sourcil-cheveux très réduite. Le complexe capillacé est lipido-pelliculaire. Les téguments sont boutonneux, vérolo-pultacés, parsemés de bubons rougeâtres à béarnaise centrale.
Le type morphologique peut être apprécié comme crétino-calcique : symphyse en galoche, hypopileuse, prognathie chympanziforme, badigouince inférieure épaisse, atone, et non jointive. L’œil gauche est inexpressif et bovidéique (le contro-latéral étant intégralement poché par le gnon traumatique, nous le supposons de type équivalent sous l’enflesse).
Le tarbouif apparaît patatoïde, violacé et hypertrophique, masquant le tiers médian de la sphère facio-têtale. La loche babinaire supérieure, sous-jascente, est explosée. Les conduits narinoïdes sont hémorragiques et pissent taxiques. Le flux morvo-sanguin est recueilli dans une bassine en plastoc tenue à la main par le sujet.

L’anamnèse
est rendue difficile du fait :
1. Que le patient comprend que dalle à qu’est-ce qu’on lui demande.
2. Que le patient a la mâcheuse du haut en miettes.

Cependant, si l’on s’en tient à ce qu’il mime et borborygme, il est possible de cerner l’étiologie du tableau : il semblerait qu’un dénommé Stenfoiré de Tchiéry lui aurait allongé un moche ramponneau direct à la tronche. Les raisons de cette agression sauvage restent floues, même si le sujet avoue avoir, par inadvertance, peut-être un peu pénétré la fiancée de son agresseur tout en picolant sa Kro.
Le patient, trop matizé, indique qu’il va porter plinthe dès qu’il aura dégotté l’outillage nécessaire, et qu’il compte couper l’éponge définitivement.

A l’examen endobuccal,
on constate un boxon macératoire de type hachis. Les incisives de devant se sont fait la malle, le sujet pense en avoir gobé une et craché les autres sur la moquette au moment du fracas. Les canines, disto-vestibulo-valdinguées en haut, en dedans et en traviol, sont en mal position quasi molaire.
Parmi les gravats, on peut distinguer des blocs de tartre, manifestement ultra-sonnés par l’onde de choc et ses répliques, des débris de bidoche et d’os d’origine incertaine, un mégot de pétard et du verre pilé en provenance de la canette sus-mentionnée.
Les tissus durs sont mous. La gencive est très libre, la langue, vilaine, est villeuse. On devine de nombreux champignons (les candidats, ça profite !), mais pas togènes. Le licken est nickel.

Retentissements fonctionnels :
Le champ de vision est amputé d’environ 52,76%, mais ce déficit est en partie équilibré par de plaisantes hallucinations compensatoires (chandelles, étoiles, serpentins, petits zozieaux).
L’acuité acoustique est accrue d’acouphènes, assez gonflants selon le patient déjà bien œdémateux, qui rapporte la sensation d’ avoir une mobylette dans la cafetière.
L’odorat, le goût, l’appétit, la frime et la libido sont provisoirement neutralisés.
L’intellect est à peine perceptible, maintenu à son niveau plancher antérieur.

Traitement d’urgence
Dans un premier temps, nous invitons le patient à riper ses galoches dare-dare vers les urgences du chu, au motif de la raison duquel que nous avons autre chose à foutre (Binhas 2002).
Devant son refus catégorique, nous entreprenons de lui déblayer grossièrement l’embouchoir par pompo-syphonage aspiroïde. L’accès au site nécessite préalablement de charger le groin érythémato-spongiforme sur un écarteur de Faraporc.
La manœuvre est rapidement interrompue en raison des beuglements insupportables du sujet. Il est convenu de revoir le cas après cicatrisation ad presqu’integrum des étages tronchaux délabrés.

Nous émettons toutes réserves dans tous les sens sur tous les sujets.

Fait pour valoir ce que de droit.


A lire aussi : 
Les Chroniques de PAL #1 – Une famille en or
Les Chroniques de PAL #2 – Litige
Les Chroniques de PAL #3 – L’espingouin
Les Chroniques de PAL #4 – Un grand môman
Les Chroniques de PAL #5 – La mère et l’enfant

Retrouvez aussi le Dr PAL sur son site en cliquant ici
Ou commandez le livre Dr PAL, Les plus beaux cas cliniques

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