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Ronflement, respiration et langue : ce que votre sommeil révèle de votre santé

Interview Par Thomas Guery le 15-06-2026

Le ronflement est souvent considéré comme anodin. Pourtant, il peut être le signe d’un trouble respiratoire ayant un impact direct sur la qualité du sommeil, l’énergie quotidienne et la santé à long terme.

Dans cet épisode du podcast Média du Sourire, le Dr Thomas Guéry échange avec Matthieu, kinésithérapeute spécialisé en rééducation maxillo-faciale, autour d’un sujet encore méconnu : l’influence de la langue et de la respiration sur le sommeil.

 

Quand la langue influence le sommeil

Le Dr Thomas Guéry connaît bien l’importance de la langue dans sa pratique d’orthodontiste. Une langue mal positionnée peut favoriser les déplacements dentaires et compromettre la stabilité des traitements orthodontiques.

Mais son intérêt pour le sujet est aussi personnel. Pendant longtemps, ses ronflements ont perturbé le sommeil de son épouse. C’est en découvrant le travail de Matthieu sur la rééducation linguale qu’il a pris conscience du rôle central de la langue dans les troubles respiratoires nocturnes.

Selon Matthieu, la langue est avant tout un organe postural. Lorsqu’elle ne repose pas correctement contre le palais, elle peut participer à différents troubles : respiration buccale, ronflement, apnées du sommeil ou encore problèmes orthodontiques.

Pourquoi ronfle-t-on ?

Le ronflement apparaît lorsque les voies respiratoires se rétrécissent pendant le sommeil. L’air circule alors plus difficilement et provoque des vibrations des tissus de la gorge.

Si certaines causes sont anatomiques (déviation de la cloison nasale, mâchoire étroite, obstruction nasale), de nombreux cas sont liés à un problème fonctionnel, notamment à un mauvais positionnement de la langue ou à un manque de tonicité musculaire.

Une idée reçue largement répandue consiste à croire qu’une personne qui ronfle dort profondément.

Pour Matthieu, c’est exactement l’inverse.

Le ronflement est le signe d’une respiration perturbée et souvent d’une diminution de l’oxygénation pendant le sommeil. À long terme, cette situation peut favoriser :

La fatigue chronique ;
 Les troubles de la concentration ;
L’irritabilité ;
Les maladies cardiovasculaires ;
 Certains troubles neurodégénératifs.

Même lorsqu’il semble bénin, un ronflement quotidien ne doit jamais être considéré comme normal.

Rééduquer plutôt que compenser

Les dispositifs comme la PPC ou les orthèses d’avancée mandibulaire permettent d’améliorer rapidement la respiration nocturne. Mais pour Matthieu, ils ne traitent pas toujours la cause du problème.

Son approche repose sur plusieurs axes :

améliorer la mobilité et le positionnement de la langue ;
favoriser la respiration nasale ;
travailler la posture cervicale ;
optimiser certaines habitudes de vie liées au sommeil.

L’objectif est de réapprendre au corps à fonctionner correctement sur le long terme.

L’importance de la respiration nasale

Le nez n’est pas seulement un conduit respiratoire. Il filtre, humidifie et réchauffe l’air inspiré avant qu’il n’arrive aux poumons.

La respiration nasale favorise également la production de monoxyde d’azote, une molécule qui améliore les échanges gazeux dans l’organisme. Résultat : une meilleure oxygénation des tissus et une récupération plus efficace.

À l’inverse, une respiration buccale chronique peut favoriser les troubles du sommeil, les infections ORL et certaines anomalies du développement facial chez l’enfant.

Une histoire qui illustre l’impact de la rééducation

Parmi les nombreux cas suivis par Matthieu, l’un l’a particulièrement marqué.

Une fillette de 10 ans souffrait depuis plusieurs années de migraines fréquentes, de fatigue et d’une respiration buccale associées à un frein lingual court. Faute d’accès rapide à une intervention chirurgicale, un programme de rééducation à distance a été mis en place.

Après deux mois de travail sur la mobilité de la langue et la respiration nasale, les résultats ont été spectaculaires : les migraines ont quasiment disparu et la qualité de vie de l’enfant s’est nettement améliorée.

Un message essentiel

À travers cet échange, le Dr Thomas Guéry et Matthieu rappellent qu’un ronflement régulier n’est jamais complètement anodin. Derrière ce symptôme souvent banalisé peuvent se cacher des troubles fonctionnels qui méritent d’être explorés.

La bonne nouvelle est qu’en travaillant sur la respiration, la posture et la fonction linguale, il est souvent possible d’améliorer durablement le sommeil, la récupération et la santé globale.


Cet article vous est proposé par le kinésithérapeute Matthieu et le Dr Thomas Guery, (Fondateur de Média du Sourire).

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